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Français, langue d’enseignement

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Première partie : les modes de discours

3. La justification dans les textes écrits et oraux

Du primaire à la fin du secondaire

Au primaire, l’élève a  fait l’expérience de la justification : il a été appelé à justifier, oralement ou par écrit, sa solution d’un problème ou son interprétation d’un texte, en s’appuyant sur des extraits du texte, et on l’a souvent incité à donner, par exemple, les raisons d’adhérer à une cause ou de répondre favorablement à une requête. En grammaire, guidé et soutenu par le questionnement de l’enseignante ou de l’enseignant, il a verbalisé le raisonnement grammatical pour justifier un accord, par exemple.

Au secondaire,  pour exprimer le bien-fondé d’un propos (justifier), l’élève apprend à exposer, en les liant de plus en plus étroitement, les raisons qui fondent ce propos et le rendent recevable aux yeux du destinataire, même si ce dernier ne le partage pas1. Le propos peut relever du domaine du savoir ou du domaine de la subjectivité.

La diversité des genres de textes

Dans le domaine du savoir, aux cours des trois premières années du secondaire, l’élève est conduit à produire, oralement et par écrit, des séquences justificatives qui constituent l’essentiel d’un texte : il décrit, avec de plus en plus d’autonomie, de manière appropriée et rigoureuse, les étapes du raisonnement qui valide une conclusion (sa réponse à un problème de grammaire, un classement de textes, etc.). L’exactitude et la pertinence des informations données assurent la validité du propos étayé.

Dans le domaine de la subjectivité, il est amené à comprendre et à insérer des séquences justificatives dans des genres de textes hétérogènes comme la note critique, au 1er cycle, ou dans des genres argumentatifs comme la lettre ouverte, au 2e cycle. De la 1re à la 5e secondaire, il est convié à élaborer des justifications dans divers genres oraux telles l’entrevue ou la discussion. La pertinence des raisons données assure la validité de la justification.

L’étayage de la justification se fait à partir de critères choisis avec l’aide de l’enseignante ou de l’enseignant au 1er cycle; au 2e cycle, les élèves assument progressivement le choix des critères qu’ils appliquent.

Les familles de situations

Les genres de textes  justificatifs renvoient aux familles de situations liées au développement de la pensée critique.

Au 1er cycle :

  • Lecture : Fonder une appréciation critique en appliquant des critères à des textes littéraires et courants (p. 98, 102)
  • Écriture : Appuyer ses propos en élaborant des justifications (p. 109, 112)
  • Communication orale : Défendre une idée en interagissant oralement (p. 120, 123)

Au 2e cycle :

  • Lecture : Poser un regard critique sur des textes courants et littéraires, en appliquant des critères d’appréciation (p. 33-34)
  • Écriture : Appuyer ses propos en élaborant des justifications et des argumentations (p. 55‑56)
  • Communication orale : Confronter et défendre des idées en interagissant oralement (p. 79‑80)

Le tableau des genres de textes justificatifs

Le tableau ci-dessous présente les genres sélectionnés pour organiser, à chaque année du secondaire, le travail d’appropriation par les élèves des contenus, des notions, des procédés et des stratégies qui se rapportent à la justification. L’enseignant peut choisir d’autres genres qui permettraient de répondre aux exigences des contenus de la progression.

Les genres justificatifs

  Lecture Écriture Communication orale
1er cycle 1re secondaire
  • Quatrième de couverture2 (voir Description)

 

1re secondaire
  • Quatrième de couverture : bref résumé et commentaire appréciatif (voir Description)
1re secondaire
  • Échange sur l’interprétation d’une œuvre littéraire et sur les réactions qu’elle suscite
  • Justification de la solution d’un problème de grammaire
2e secondaire 
  • Appréciation critique d’une œuvre littéraire3 (voir Description)
2e secondaire
  • Appréciation critique d’une œuvre littéraire : résumé de l’intrigue et justification de l’appréciation du livre (voir Description)
  • Justification de la réponse à une question
2e secondaire
  • Table ronde au cours de laquelle les élèves expriment leur interprétation et leur appréciation d’une œuvre littéraire
  • Justification de la solution d’un problème de grammaire
2e cycle 3e secondaire 3e secondaire
  • Justification de la solution d’un problème de grammaire
3e secondaire
  • Discussion entre pairs autour de l’intérêt de l’explication du monde donnée dans les contes, les mythes, les légendes et les récits de création
4e secondaire
  • Critique d’un film
4e secondaire 4e secondaire
  • Exposé critique (film, message publicitaire, etc.)
    5e secondaire
  • Discussion entre pairs sur l’interprétation ou la critique d’œuvres littéraires engagées : chanson, pièce de théâtre, poésie, roman

Les contenus d’apprentissage liés à la justification

L’élève apprend à le faire avec l’intervention de l’enseignante ou de l’enseignant.

L’élève le fait par lui-même à la fin de l’année scolaire.

 

L’élève réutilise cette connaissance.

L : Lecture    É : Écriture    O : Communication orale

mot en petites capitales : Consultation requise de la section Ressources de la langue.

(P1; P2) : Référence au programme du 1er et du 2e cycle : lecture; écriture; communication orale; notions et concepts.

Secondaire
1er
cycle
2e
cycle
  1. Situation de communication
    (P1 : 103, 113, 124, 126-127, 130, 142)   (P2 : 43, 64, 67, 89, 92-94, 97-98, 110-111, 140-142)
1re 2e 3e 4e 5e
  • 1.1.    En lecture et en écoute (réception)
    Analyser la situation et en tenir compte
    1. Identifier l’énonciateur   
      1. sa connaissance du sujet, ses goûts et, si pertinent, ses valeurs

LO

LO
     
      1. son point de vue
        • neutre (domaine du savoir) ou subjectif (domaine de la subjectivité)

LO

L
     
        • subjectif modaliser 2
     
L
 
    1. Repérer les marques énonciatives qui le désignent modaliser 1.1

LO

LO
     
    1. Se situer comme destinataire 
      1. sa connaissance du sujet

LO

LO
     
      1. son intention : connaître les raisons qui fondent un propos ou juger de la validité d’un propos

LO

LO
     
      1. utilisation de moyens pour manifester son intérêt et sa compréhension ou son incompréhension : des phrases interrogatives et exclamatives, des reformulations et des gestes, etc.

O

O
     
  • 1.2.    En production écrite et orale
    Analyser la situation et en tenir compte
     
    1. Se situer comme énonciateur 
      1. sa connaissance du sujet, ses goûts

ÉO

ÉO
     
      1. son intention : faciliter ou causer la recevabilité d’un propos grâce à l’explicitation des raisons qui le fondent

ÉO

ÉO

ÉO
   
      1. son point de vue
        • plutôt neutre (justification d’un problème de grammaire)   

O

O
     
        • subjectif (ex. : appréciation critique d’une œuvre) modaliser 2

ÉO

ÉO

O
   
    1. Prendre en compte son destinataire 
      1. ses caractéristiques : son âge, sa connaissance du sujet, ses goûts

ÉO

ÉO
     
      1. utilisation de moyens pour s’assurer de sa compréhension et susciter son intérêt (ex. : des mises en évidence, des explicitations, des éléments prosodiques et non verbaux) modaliser 1

ÉO

ÉO

O
   
    1. Tendre à l’utilisation de la langue standard

ÉO

ÉO

ÉO

ÉO

ÉO
  • 1.3.   Prendre en considération le contexte de réception et de production
    1. Tenir compte du contexte de production de la justification : date, lieu, support (journal, revue, Internet); échange en classe ou situation d’évaluation

LÉO

LÉO
     
    1. Tenir compte des conditions de réalisation de la tâche (ex. : consignes, temps, travail d’équipe, règles relatives à l’écoute et à la prise de parole)

LÉO

LÉO
     
  1. Organisation d’un genre justificatif : façon dont se réalise la séquence justificative 
    (P1 : 104, 106, 115, 126-127)   (P2 : 46-48, 90-91, 97)
1re 2e 3e 4e 5e
  • 2.1.   Comprendre ou donner, s’il y a lieu, un titre neutre ou évocateur 
 
     
    1. Observer l’absence fréquente de titre

L
       
  • 2.2.    Reconnaître ou introduire le propos (une affirmation, un jugement) à justifier et reconnaître ou formuler de manière précise les raisons qui fondent ce propos
  1. Pour un propos relevant d’un domaine du savoir : la grammaire
    1. Énoncer le propos (ex. : Dans la phrase « Les feuilles tombent tôt cet automne », le GN cet automne est complément de P.)

O
 
É
   
    1. Justifier le propos : décrire les étapes du raisonnement grammatical avec les données pertinentes et exactes (ex. : verbalisation du recours aux manipulations syntaxiques qui permettent d’identifier le GN cet automne comme un complément de P)

O

O

É
   
  1. Pour un propos relevant de la subjectivité : l’interprétation et l’appréciation critique d’une œuvre
    1. Identifier ou énoncer le propos, soit une interprétation, soit un commentaire (ex. : Ce livre intéressera les garçons de mon âge.)   

LÉO

LÉO
     
    1. Reconnaître la ou les raisons qui fondent le propos ou justifier ce dernier
      1. par l’établissement de liens entre une interprétation et un texte ou entre un commentaire et l’effet de l’œuvre sur le lecteur (ex. : le sentiment provoqué par la lecture, le lien établi avec son expérience personnelle)

LÉO
       
      1. par l’établissement de liens entre un commentaire et un ou plusieurs aspects de l’œuvre (ex. : thème, intrigue, façon de décrire les personnages) en s’appuyant sur le texte ou en le comparant à une autre œuvre, citation à l’appui, si nécessaire (ex. : Les garçons s’identifieraient aux personnages masculins à cause de leurs qualités de débrouillardise et de courage. Par exemple, dans l’évènement X, page Y, on trouve…)introduire des dr 2; 3
 
LÉO

O

LO
 
  • 2.3.   Utiliser les ressources de la langue pour comprendre et pour produire une justification
    1. Comprendre le sens des mots ou choisir un vocabulaire adéquat

      1. termes précis et spécifiques au domaine du savoir nommer-caractériser 1.2; 3.1

O

ÉO

É
   
      1. termes justes, vocabulaire expressif dans le domaine de la subjectivité nommer-caractériser 1.2; 3.1

LÉO

LÉO

O
   
    1. Interpréter ou utiliser des phrases pour cerner ou marquer les liens entre les raisons évoquées et le propos
      1. des phrases coordonnées et leurs coordonnants exprimant les valeurs suivantes :
        • la cause (ex. : car, voici pourquoi) et la ponctuation adéquate
 
LÉO

LÉO
   
        • la comparaison (ex. : comme) et la ponctuation adéquate
   
LO
   
        • la conséquence (ex. : aussi, en conséquence) et la ponctuation adéquate
 
LÉO

LÉO

LO
 
      1. des phrases subordonnées et leur subordonnant exprimant les valeurs suivantes :
        • la cause (ex. : parce que (2e secondaire), sous prétexte que)
 
LÉO

LÉO

LO
 
        • la comparaison (ex. : aussi que, autant que, de même que)
   
LÉO

LO
 
        • la justification (ex. : attendu que, comme, étant donné que, puisque) et la ponctuation adéquate
   
LÉO

LO
 
      1. des marqueurs de relation et organisateurs textuels (ex. : donc, en conclusion, or, si)

O

É

O

LÉO
   
    1. Reconnaître ou choisir les procédés appropriés : citer, comparer, définir, exemplifier
 
LÉO

ÉO

LÉO
 
  • 2.4.    Constater la concision du texte, ou la rechercher en ne présentant que les informations pertinentes, celles qui fondent le propos
   
ÉO

LO

O
  • 2.5.   Dégager ou présenter la conclusion : reformulation du propos qui a été justifié
 
LÉO
 
LO
 
  1. Cohérence et organisation du texte 
    (P1 : 105-106, 116, 127, 131-132)   (P2 : 47, 72-73, 96-97, 143)
1re 2e 3e 4e 5e
  • 3.1.   Reconnaître ou utiliser des moyens textuels qui assurent la cohérence du texte 
    1. La reprise de l’information nommer-caractériser 5

LÉO

LÉO

ÉO
   
    1. L’harmonisation des temps verbaux autour du temps dominant (présent ou passé composé) situer dans le temps 3

LÉO

LÉO
     
    1. La non-contradiction entre les raisons de la justification
 
LÉO
     
  • 3.2.   Reconnaître ou utiliser les moyens qui marquent l’organisation du texte
    1. Le titre, s’il y a lieu
 
     
    1. La division en paragraphes ou en parties à l’oral
 
LÉO
     
    1. Les organisateurs textuels
      1. l’apport d’informations nouvelles (ex. : or, de plus)

O

LÉO

É

LO
 
      1. la réorientation du propos (ex. : par ailleurs, dans un autre ordre d’idées)

O

LÉO

É

LO
 
    1. Des moyens graphiques (mise en page et marques typographiques)

É

É

É
   
  • 3.3.   Assurer la cohérence de la discussion
    1. Reconnaître et éviter les digressions, les coq-à-l’âne et les redondances

O

O

O
   
    1. Enchaîner ses propos aux propos antérieurs
 
O

O
   
    1. Intervenir pour faire avancer la discussion par la reformulation (ex. : Si j’ai bien compris, X considère que…), le questionnement (ex. : Pourquoi affirmes-tu cela?), des rappels ou des synthèses
   
O
   
    1. Limiter la durée de sa prise de parole pour favoriser l’interaction et l’écoute
 
O

O
   
  1. Insertion d’une séquence justificative 
1re 2e 3e 4e 5e
  • 4.1.   Insérer une séquence justificative dans un texte argumentatif
     
ÉO

ÉO
1.  Bien qu’elle soit proche de l’explication et de l’argumentation, la justification s’en distingue. Contrairement à l’explication, elle ne vise pas à faire comprendre en rendant visibles les relations de causalité entre des éléments; elle se distingue de l’argumentation en ce qu’elle ne cherche pas à convaincre le destinataire d’adopter une thèse sur un sujet controversé où s’affrontent deux thèses opposées. La justification ne fait qu’expliciter à postériori la démarche cognitive (le raisonnement) qui a conduit à l’expression du propos. Néanmoins, la situation de communication peut faire basculer une justification en une argumentation. La pratique de la justification favorise le développement des capacités à argumenter.
2.  Les quatrièmes de couverture choisies doivent clairement distinguer le résumé de l'histoire et le commentaire appréciatif.
3.  Il s’agit de courts textes d’environ 150 mots. Voir, par exemple, les notes critiques dans Lurelu, Québec français, Le libraire, le site Livres ouverts.

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